lundi 1 avril 2013

Challenge A à Z - A comme Actes


Pour commencer un challenge sur la généalogie avec des thèmes commençant chacun par une lettre de l'alphabet, il m'a semblé évident de partir des Actes.

Certes, je pense que je ne serai pas le seul dans ce cas, la seule chose que j'espère secrètement est que mon approche de ce mot sera originale ...

En effet, les Actes sont aux généalogistes ce que le carburant est à une voiture : ils permettent d'avancer, ou si on veut être précis, de reculer dans le temps.

Seulement voilà, qui dit Acte, dit morceau de papier ou de parchemin manuscrit. Et nos ancêtres n'avaient pas forcément dans l'idée que ces documents allaient un jour être lus et décortiqués par leurs descendants. Pis, les personnes en charge de leur rédaction ou de leur archivage n'avaient pas cette capacité ou volonté à se projeter en un siècle où des illuminés passeraient des heures à trouver les informations dont ils auraient besoin pour reconstituer un pan de leur histoire familiale.

Acte de sépulture

Car, pour ces gens-là, et je parle des curés de l'Ancien Régime, on pouvait concevoir que quelque aristocrate cherchât un jour à prouver la noblesse de ses quartiers, mais pour les Actes concernant la roture, que dis-je, la gueusaille, cela était tout autre. Quel intérêt en effet, un journalier aurait à vouloir retrouver ses ancêtres ? Je vous le demande.

Cela explique donc sans doute en partie, la raison pour laquelle certains Actes étaient mal tenus. Il suffisait en effet seulement de pouvoir éventuellement retrouver la naissance de tel homme ou telle femme le jour de son mariage ou s'assurer qu'il ou elle n'avait pas déjà été marié dans une autre paroisse ou dans une autre commune.

On ne se projetait pas !

Il faut attendre notre époque pour qu'on se soucie de sauver les archives de Tombouctou en pleine guerre ! A l'époque pas si lointaine du début du siècle dernier, qui se souciait vraiment de protéger les différents Actes passés entre nos ancêtres ou les Actes enregistrés par les curés ou les officiers d'état-civil ? Que les rats, les souris, l'humidité ou les incendies jouent avec eux, peu importe.

La conséquence, nous la connaissons par coeur : cela se nomme des "trous", des "manques" ou des pages illisibles car dévorées à moitié par les moisissures ou des dents des rongeurs. Ce sont aussi des Actes incomplets ou mal renseignés.

Il faut ici distinguer les Actes rédigés par les notaires ou les personnages importants des autres. En effet, autant les premiers sont généralement bien tenus, autant les autres, ceux concernant les naissances et baptêmes, les mariages et les décès et sépultures, sont cause de frustrations sans limites ...

Il y a un dernier point à aborder avant de conclure, qui est celui de la rareté des actes à mesure qu'on remonte le temps.

Ordonnance de Villers-Cotterêts

Grâce soit rendue à François Ier qui a imposé la tenue des registres paroissiaux dans son très célèbre édit de Villers-Cotterêts. C'est en effet grâce à lui que nous devons théoriquement de pouvoir remonter jusqu'au milieu du XVIème siècle.

Mais louons également les (trop rares) initiatives prises par certains curés zélés qui ont non seulement tenus des registres paroissiaux très anciens, mais les ont agrémentés de tables récapitulatives.

Il n'en reste pas moins que plus on remonte dans le temps, plus les Actes se font rares. Cela impose donc une limite presque naturelle à la recherche généalogique.

Les Actes donc sont des éléments fondamentaux en généalogie mais ils sont souvent incomplets, mal écrits, avec des erreurs et parfois inexistants. Par ailleurs, on sait que quoi qu'on fasse, à un moment de ses recherches, ils n'existeront plus du tout. Et pourtant, avec tous ces défauts, nous les aimons ces Actes. Nous les aimons car ils font revivre le temps d'une lecture, un moment précis de la vie de nos ancêtres.

Alors, nous leur pardonnons d'être parfois emplis de ces défauts car malgré tout, ils nous apprennent beaucoup !

Pour aller plus loin :


           

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