samedi 6 avril 2013

Challenge A à Z - F comme Fratrie


Nos ancêtres étaient rarement des enfants uniques.

Il est difficile de donner une moyenne car cela dépend des niveaux sociaux et des périodes, mais il n'était pas rare, il y a deux ou trois cents ans, d'avoir une dizaine d'enfants. Cependant, comme la mortalité infantile était élevée, ce ne sont que la moitié environ qui parvenaient à l'âge adulte.

Par ailleurs, les mouvements de population étant généralement assez limités, il n'était pas rare que les frères et soeurs continuent à se côtoyer une fois adulte. Parfois ils s'associaient même et c'est ainsi qu'on peut retrouver deux frères forgerons ou deux soeurs passementières.

Deux soeurs

Mais les liens entre frères et soeurs étaient encore plus forts que cela car ils étaient souvent parrain ou marraine de leur neveu ou nièce.

Un autre phénomène étonnant est lié aux prénoms.

Mes propres recherches m'ont montré que jusqu'au milieu du XIXème siècle les enfants portaient systématiquement le même prénom que celui de leur parrain s'ils étaient des garçons et de leur marraine s'ils étaient des filles. Mais comme cette méthode de nommage se perpétuait de génération en génération et que les frères et soeurs des parents devenaient les compères des enfants (compère étant le nom générique pour parrain et marraine, le parrain étant nommé le compère et la marraine la commère, comprendre le "père d'à-côté" et la "mère d'à côté"), on a souvent au sein d'une même fratrie les mêmes prénoms qui reviennent.

A commencement de mes recherches généalogiques, je pensais qu'on ne donnait à un enfant le même prénom que celui de son aîné que si celui-ci était décédé avant la naissance de l'enfant concerné. Or il n'en n'est rien : au sein d'une même fratrie on pouvait donc avoir trois frères portant le même prénom, qui était celui du père et celui de quelques oncles ! Un vrai casse-tête pour le généalogiste.

La fratrie permettait également de gérer le cas des tutelles et des curatelles. Ce phénomène existe après la création du Code Civil.

Prenons par exemple le cas d'un enfant qui perd ses parents alors qu'il n'a que 5 ans : un Conseil de famille va se réunir et désigner un tuteur / curateur qui représentera donc l'enfant auprès des autorités et dans toutes les affaires où il peut être concerné (son mariage, un héritage, etc.). Les décisions du Conseil de famille seront généralement entérinées par la Justice de Paix locale.

La fratrie va jouer ici un rôle important car il n'est pas rare que celui qui est nommé tuteur ou curateur de l'enfant mineur soit son oncle, autrement dit le frère du père ou de la mère décédée.

Dernier aspect de la fratrie, les mariages que je qualifierais d'inter-fratries. Dans la paroisse d'Hautefaye en Périgord dont j'étudie la population sous Louis XV, j'ai par exemple trouvé deux couples qui sont :
  • Clément Colas et Suzanne Vallade
  • André Colas et Valérie Vallade

Quand on sait que :
  • Clément Colas et André Colas sont frères
  • Suzanne Vallade et Valérie Vallade sont soeurs
  • Clément Colas et André Colas exercent tous les deux le métier de cabaretier, au début dans le même village de Grand Acost, puis pour l'un d'entre eux, Clément, au bourg de Hautefaye
  • que les deux frères ont eu plusieurs enfants dont une fille chacun qui se prénomme Jeanne, du prénom de sa tante, c'est-à-dire de celui de la soeur des dits Clément et André ...

On se dit qu'on tient là un excellent résumé de ce que la vie d'une fratrie pouvait être et de ce que son étude peut nous apporter pour enrichir nos recherches généalogiques.


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Pour aller plus loin : 


           

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